vendredi 11 septembre 2015

Les mots disparaissent avant que leur sens ne s’étiole

 
J’écris ces lignes sur un support qui ne me survivra pas et je songe à ces mots de Jean-Paul Curnier : « Pourquoi parler encore quand, tout autour de nous, l’implacable douceur d’un sommeil hypnotique nous invite au repos d’un langage sans effraction, quand, chaque jour et en toute occasion, se mesure au vide des discours le prodigieux affaissement de la pensée qu’exige en retour le consensus contemporain ? […] En ces temps de communication, parler à quelqu’un est devenu l’exercice le plus solitaire qui soit, et l’espoir s’effondre un peu plus chaque jour de sortir d’un dialogue autrement qu’on y est entré
Jean-Paul Curnier fut mon professeur. Le seul, lors des grèves de novembre 86 à avoir tenté de nous rendre l’intelligence de notre révolte.