mercredi 3 juin 2026

PFAS



Même l’Agence européenne des produits chimiques le dit : les PFAS sont quasi indestructibles et s’accumulent de manière irréversible dans notre environnement, augmentant mécaniquement notre exposition aux risques qui lui sont liés. 

Elle souligne aussi l’illusion technologique d’une dépollution : « Une fois les PFAS présents dans l’environnement, leur retrait de l’eau, des sédiments ou de la biomasse est extrêmement difficile et coûteux, voire impossible ».

Comme le rappelle Jean-Baptiste Fressoz, historien et chercheur au CNRS, « les technologies de filtration actuelles ne détruisent rien : elles séparent. L’osmose, la technologie disponible la plus efficace, produit d’un côté de l’eau pure, de l’autre un concentré hautement toxique dont on ne sait que faire, hormis le diluer ou le rejeter en aval,comme s'apprête à le faire le Syndicat des eaux d'Ile-de- France, déplaçant ainsi le problème ». 

Une dernière chose à méditer cet été : les principales sources de PFAS ne se limitent pas aux poêles antiadhésives ou au fart de ski : les gaz fluorés utilisés dans les climatiseurs et les pompes à chaleur représentent une part importante des émissions de PFAS.

Face à ces risques, l’Agence européenne envisage soit une interdiction quasi totale des PFAS, soit une interdiction avec dérogations temporaires pour certains usages essentiels. On imagine déjà avec quel empressement gouvernants et élus de tout poil vont s’employer à botter en touche cette balle vénéneuse afin de préserver les sacro-saints intérêts du Capital. Business as usual.

 

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