On lira chez Jef Klak la façon dont les habitants et défenseurs de la Plaine s'opposent à la mairie de Marseille et à leurs copains promoteurs. La vie même...
lundi 29 octobre 2018
jeudi 25 octobre 2018
La Plaine est en feu
Pour qui connait Marseille, la place de la Plaine est un lieu encore véritablement populaire. Le mélange des genres et des classes s'y fait plutôt bien même si le quotidien de certains fut, et demeure encore, difficile.
Mais enfin, la vie y va comme elle peut et il ne nous est pas indifférent d'y avoir pu croiser n'importe qui ou, pour être plus clair, d'avoir pu rencontrer des êtres aux talents, destins, origines et fortunes très diverses. On peut dire qu'il y a peu encore, l'air de la Plaine émancipait.
La sinistre équipe qui préside aux destinées de la ville a décidé de mettre fin à cet état des lieux. Elle poursuit ici son entreprise de gentrification cahotante de la cité. Après le Panier, la rue de la République et le Vieux port, elle continue d'expulser les pauvres du centre-ville. Les camarades de Lundi matin en rendent compte précisément ici.
mercredi 10 octobre 2018
Par la bouche de qui parle le dieu splendide
C’est d’ailleurs
pourquoi l’on pourrait soutenir que Gloria est un Cassavetes
mineur. L’intrigue de thriller est inessentielle et fait en quelque
sorte double emploi, quand le sujet véritablement thrilling est la
gloire de Gloria, le récital Gena Rowlands, le portrait d’une
force (et d’une forcenée), le blason d’une personne, prêtresse
par la bouche de qui parle le dieu splendide, ou bien soeur équivoque
du destin. Et ainsi de suite.
Jean-Patrick
Manchette, Charlie Hebdo, janvier 1981
mercredi 3 octobre 2018
Doxa
La
jouissance qu'impose, par lavements progressifs de la sensibilité,
la doxa actuelle est un éclair pauvre,
dépouillé
des embuscades, trébuchements et séduisantes erreurs que nous
vivons quand nous nous laissons gagner par l'autre.
La jouissance
comme seul but nie le trésor broussailleux de la découverte. Et
nous voilà enjoint à faire rimer le plus intime avec le mot de
possession – possession d'un manque qui, de toute façon, ne se
livre jamais.
Le désir, lui, est échappée belle, offrande de sa
faiblesse à l'autre qui nous tient dans la paume de ses envies et
glisse sous la notre comme une truite.
Antoine Samano, Le prodige, madame...
jeudi 20 septembre 2018
Lire (ou relire) Bernanos
Si nous pensions que
ce système est capable de se réformer, qu’il peut rompre de
lui-même le cours de sa fatale évolution vers la Dictature – la
Dictature de l’argent, de la race, de la classe ou de la Nation –
nous nous refuserions certainement à courir le risque d’une
explosion capable de détruire des choses précieuses qui ne se
reconstruirons qu’avec beaucoup de temps, de persévérance, de
désintéressement et d’amour. Mais le système ne changera pas le
cours de son évolution, pour la bonne raison qu’il n’évolue
déjà plus ; il s’organise seulement en vue de durer encore
un moment, de survivre. Loin de prétendre résoudre ses propres
contradictions, d’ailleurs probablement insolubles, il paraît
disposer à les imposer par la force, grâce à une réglementation
chaque jour plus minutieuse et plus stricte des activités
particulières, faite au nom d’une espèce de socialisme d’État,
forme démocratique de la dictature.
Georges Bernanos, La
France contre les robots, 1945.
lundi 17 septembre 2018
vendredi 14 septembre 2018
jeudi 13 septembre 2018
Avec cette façon de faire, tous ceux qui ne jouent pas le jeu sont éliminés
Éleveur
et maraîcher, ancien animateur de la Confédération paysanne,
Yannick Ogor retrace, dans
cette intervention, la fin du monde paysan achevée par les normes
imposées par les politiques
agricoles. Il décrypte
les lieux de pouvoir et les mensonges qui fondent l'alimentation de
la population et dénonce l'assujettissement des agriculteurs,
fussent-ils « bio », à la logique industrielle. Il
explique aussi ce désastre de façon détaillée dans son livre Le
paysan impossible.
mardi 11 septembre 2018
Avancer
à Franz
On se déplaçait
sans savoir où cela nous mènerait. Le voyage valait autant que son
but : quitter un endroit pour en rejoindre un autre ; un endroit
que l'on avait, d'ailleurs, le plus grand mal à distinguer de
l'horizon. Parfois, le mot d'horizon était bien précis pour décrire
la mélasse dans laquelle nous avancions.
Pour ma part,
j'avais abandonné les cartes pour ne me fier qu'aux récits des
voyageurs. Même s'ils décrivaient un paysage disparu, ils me
livraient son âme et, par là-même, la possibilité de suivre mon
propre chemin. Nul compagnon de voyage avec moi, à peine quelques
auberges, ça et là, où une hôtesse plus ou moins bien disposée
me tendait une tasse pour étancher ma soif.
J'ai vieilli sur
ces sentiers en glanant le peu de sagesse que m'offraient les
rencontres, silhouettes qui éboulaient les cailloux quand elle
s'éloignaient.
Aujourd'hui, je marche toujours – que faire d'autre ? – même si je suis plus sensible aux déclivités du terrain. Les arbres sont devenus des présences et je m'arrête de plus en plus souvent près des lacs pour capter les échos de ceux qui s'y sont baignés.
Aujourd'hui, je marche toujours – que faire d'autre ? – même si je suis plus sensible aux déclivités du terrain. Les arbres sont devenus des présences et je m'arrête de plus en plus souvent près des lacs pour capter les échos de ceux qui s'y sont baignés.
Je ne suis plus
capable de mesurer le chemin parcouru. Aux grincements de mes genoux,
à mon dos douloureux, je devine que je suis loin de la cabane que
j'ai quitté dans ma jeunesse.
Les voyageurs que je croise – nous prenons un thé pour échanger des nouvelles de la route – ne peuvent m'en dire plus. Eux-mêmes, lorsque je regarde leur visage à la lueur du feu, me semblent un peu hagards. Sans doute faut-il y voir l'effet de la fatigue et de la poussière qui nous font comme un masque à la fin de la journée.
Les voyageurs que je croise – nous prenons un thé pour échanger des nouvelles de la route – ne peuvent m'en dire plus. Eux-mêmes, lorsque je regarde leur visage à la lueur du feu, me semblent un peu hagards. Sans doute faut-il y voir l'effet de la fatigue et de la poussière qui nous font comme un masque à la fin de la journée.
Les femmes que
j'ai rencontrées ne songeaient guère à s'attarder. La plupart du temps,
nous cachions nos affaires derrière un rocher avant d'aller nous
allonger sous un buisson. Je garde le souvenir de peaux poivrées, de
morsures, de quelques mots échangés dans la timidité de l'aube.
Une ou deux avaient un regard de louve. Je ne les ai jamais revues.
L'orage me
surprenait rarement. Je veillais à surveiller le ciel car, ici, il
n'y a rien de plus pernicieux que de se laisser bercer par ses pieds.
Parfois, un chien
me rejoignait. Il s'agissait le plus souvent d'un corniaud au regard
vif qui frottait ses flancs contre mes jambes. J'aimais sa compagnie,
sa façon d'errer devant moi sans jamais se perdre. La nuit, à mes
côtés, il lui arrivait de redresser la tête pour scruter les
ténèbres avant d'entamer un dialogue silencieux avec quelque chose
que je ne voyais pas. Il disparaissait au bout de quelques jours
aussi rapidement qu'il était apparu et, pendant un moment, je
sentais encore sa présence à mes côtés.
dimanche 9 septembre 2018
Quelques lueurs en septembre
On dirait une sorte de lumière qui n'a pas besoin de détruire l'ombre pour se faire comprendre.
Angelo, Jean Giono
Inscription à :
Articles (Atom)








