Partout, et particulièrement sous nos latitudes, la dégradation de l’eau est accélérée de façon démentielle par nos gouvernants et les groupes d’intérêts qu’ils servent par le détricotage systématique du droit de l’environnement et le démantèlement des rares outils de démocratie locale existants.
Ainsi, alors qu’à l’été 2025, la quasi totalité de nos départements connaissait la sécheresse, la loi d’urgence agricole, adoptée le 2 juin dernier, ou la loi Duplomb, affaiblissent les normes, restreignent les recours juridiques, et modifient les pouvoirs de décisions locaux au profit de l’État et des usagers industriels ou agricoles quand ils ne facilitent pas l’expansion des élevages intensifs et des mégabassines.
Un exemple ? Le projet de loi d’urgence agricole prévoit de modifier la composition des commissions locales de l’eau, ces petits parlements chargés de décider de la gestion, des usages et de la protection des ressources hydriques à l’échelle des territoires. Le poids des collectivités y a été réduit au profit de l’Etat, des gros agriculteurs et des industriels.
De même, les zones humides voient leur protection réduite, et les agents chargés de la préservation de l’eau (OFB, agences de l’eau) précarisés de façon à limiter leur action, alors que des projets hydrovores et pollueurs, comme les data centers et les mines, se multiplient.
Face à ce désastre annoncé et augmenté, nos élus cassent le thermomètre : ainsi, alors qu’elle s’adressait en mai dernier aux agriculteurs, la ministre Annie Genevard, enjoignait à l’agrochimiste BASF de pratiquer des méthodes de test « alternatives » pour « lever le caractère perturbateur endocrinien » de l’un de ses pesticides.
Comme le conclut fort justement Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », dans son article ici résumé : « Dans la compréhension ministérielle du monde, une classification de « perturbateur endocrinien » est donc moins une propriété biologique intangible qu’une entrave réglementaire qu’il suffit de « lever » en cas de besoin. De la même manière, sans doute, qu’il suffirait de « lever » la rotondité de la Terre ou la relativité générale, si celles-ci venaient à contrecarrer les intérêts de telle ou telle clientèle politique. »






