Présumez toujours l’incompétence avant de rechercher un complot, suggérait Machiavel : voilà le genre de sentence qui vient à la bouche de nombre d’interlocuteurs lorsqu’on évoque la préoccupante affaire d’Ormuz et ses embardées trumpesques.
On pourra introduire un peu de dialectique au sein de ces considérations, en lisant l’article de Guy Laron, glané sur le site du Vent se Lève. Celui-ci explique que la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran, malgré les foutraques improvisations de Trump, s’inscrit dans une stratégie globale visant à contenir la puissance de la Chine.
Pour Laron, le véritable enjeu serait aussi économique que géostratégique : la Chine domine les terres rares, indispensables aux technologies civiles et militaires américaines (F35, drone Predator, sous-marins de classe Virginia, missiles Tomahawk, etc.), ce qui lui donne un levier majeur dans la rivalité avec Washington qui aura, notamment, toujours contrôlé ses ressources stratégiques grâce à une supériorité militaire pour l’instant absolue.
Pour compenser cette dépendance, les États-Unis cherchent un point de pression équivalent en s’attaquant à l’énergie. Leur stratégie consisterait à fragiliser l’approvisionnement pétrolier chinois en ciblant des pays comme l’Iran et le Venezuela, dont la Chine dépend fortement pour son pétrole.
En bref, il n'est pas interdit de penser que ce mélange délétère d'improvisations et d'intérêt géostratégique bien compris constitue une des explications du chaos actuel. Un chaos dont bon nombre de Cassandre (plus ou moins stipendiés) nous assurent qu'en seront issus moult maux dans les mois à venir.





