A la recherche du secret perdu du cinéma, on croisera, dans Les Vampires, sa première et inoubliable muse.
lundi 17 septembre 2018
vendredi 14 septembre 2018
jeudi 13 septembre 2018
Avec cette façon de faire, tous ceux qui ne jouent pas le jeu sont éliminés
Éleveur
et maraîcher, ancien animateur de la Confédération paysanne,
Yannick Ogor retrace, dans
cette intervention, la fin du monde paysan achevée par les normes
imposées par les politiques
agricoles. Il décrypte
les lieux de pouvoir et les mensonges qui fondent l'alimentation de
la population et dénonce l'assujettissement des agriculteurs,
fussent-ils « bio », à la logique industrielle. Il
explique aussi ce désastre de façon détaillée dans son livre Le
paysan impossible.
mardi 11 septembre 2018
Avancer
à Franz
On se déplaçait
sans savoir où cela nous mènerait. Le voyage valait autant que son
but : quitter un endroit pour en rejoindre un autre ; un endroit
que l'on avait, d'ailleurs, le plus grand mal à distinguer de
l'horizon. Parfois, le mot d'horizon était bien précis pour décrire
la mélasse dans laquelle nous avancions.
Pour ma part,
j'avais abandonné les cartes pour ne me fier qu'aux récits des
voyageurs. Même s'ils décrivaient un paysage disparu, ils me
livraient son âme et, par là-même, la possibilité de suivre mon
propre chemin. Nul compagnon de voyage avec moi, à peine quelques
auberges, ça et là, où une hôtesse plus ou moins bien disposée
me tendait une tasse pour étancher ma soif.
J'ai vieilli sur
ces sentiers en glanant le peu de sagesse que m'offraient les
rencontres, silhouettes qui éboulaient les cailloux quand elle
s'éloignaient.
Aujourd'hui, je marche toujours – que faire d'autre ? – même si je suis plus sensible aux déclivités du terrain. Les arbres sont devenus des présences et je m'arrête de plus en plus souvent près des lacs pour capter les échos de ceux qui s'y sont baignés.
Aujourd'hui, je marche toujours – que faire d'autre ? – même si je suis plus sensible aux déclivités du terrain. Les arbres sont devenus des présences et je m'arrête de plus en plus souvent près des lacs pour capter les échos de ceux qui s'y sont baignés.
Je ne suis plus
capable de mesurer le chemin parcouru. Aux grincements de mes genoux,
à mon dos douloureux, je devine que je suis loin de la cabane que
j'ai quitté dans ma jeunesse.
Les voyageurs que je croise – nous prenons un thé pour échanger des nouvelles de la route – ne peuvent m'en dire plus. Eux-mêmes, lorsque je regarde leur visage à la lueur du feu, me semblent un peu hagards. Sans doute faut-il y voir l'effet de la fatigue et de la poussière qui nous font comme un masque à la fin de la journée.
Les voyageurs que je croise – nous prenons un thé pour échanger des nouvelles de la route – ne peuvent m'en dire plus. Eux-mêmes, lorsque je regarde leur visage à la lueur du feu, me semblent un peu hagards. Sans doute faut-il y voir l'effet de la fatigue et de la poussière qui nous font comme un masque à la fin de la journée.
Les femmes que
j'ai rencontrées ne songeaient guère à s'attarder. La plupart du temps,
nous cachions nos affaires derrière un rocher avant d'aller nous
allonger sous un buisson. Je garde le souvenir de peaux poivrées, de
morsures, de quelques mots échangés dans la timidité de l'aube.
Une ou deux avaient un regard de louve. Je ne les ai jamais revues.
L'orage me
surprenait rarement. Je veillais à surveiller le ciel car, ici, il
n'y a rien de plus pernicieux que de se laisser bercer par ses pieds.
Parfois, un chien
me rejoignait. Il s'agissait le plus souvent d'un corniaud au regard
vif qui frottait ses flancs contre mes jambes. J'aimais sa compagnie,
sa façon d'errer devant moi sans jamais se perdre. La nuit, à mes
côtés, il lui arrivait de redresser la tête pour scruter les
ténèbres avant d'entamer un dialogue silencieux avec quelque chose
que je ne voyais pas. Il disparaissait au bout de quelques jours
aussi rapidement qu'il était apparu et, pendant un moment, je
sentais encore sa présence à mes côtés.
dimanche 9 septembre 2018
Quelques lueurs en septembre
On dirait une sorte de lumière qui n'a pas besoin de détruire l'ombre pour se faire comprendre.
Angelo, Jean Giono
lundi 30 juillet 2018
mercredi 11 juillet 2018
Ombres
Je peux enlever le chapeau d'un grand geste et, saluant les ruines de la maison paternelle, dire : "Me voilà, j'ai triomphé, je ne suis rien de ce que vous vouliez que je sois ; je ne possède rien de ce que vous prétendiez que je possède, il ne me reste rien. Je ne laisse rien."
Alberto Executor y Sàez de Miera
in Sombra de la Sombra de Paco Ignacio Taibo II
jeudi 5 juillet 2018
Mon royaume pour une étoile
On le sent, on le sait : la contemplation d'une colline, ou d'un ciel étoilé, fait du bien. Plus qu'on ne le croit à lire un des articles du nouveau numéro de la revue Hors sol que publient nos collègues grenoblois de Pièces & Main d'Oeuvre.
Selon cet article, un
groupe de cliniciens et de chercheurs suisses en psychiatrie a montré qu'il y a près de deux fois plus de
schizophrènes dans les centres urbains qu'en milieu rural. Un constat connu depuis 80 ans mais rarement
étudié.
Selon nos sagaces helvètes, le risque de schizophrénie est donc proportionnel au
nombre d'années passées en milieu urbain, notamment pendant
l'enfance. Plus un enfant est élevé en ville, plus il sera enclin à
la schizophrénie. Ainsi, entre 1965 et 1997, le nombre de schizophrènes
londoniens a plus que doublé.
mardi 3 juillet 2018
Voilà !
Si, devant des gens
en pleine santé, l’on prononce les mots ordinaires de la nature :
foin, herbe, prairie, saules, fleuves, sapins, montagnes, collines,
on les voit comme touchés par un doigt magique. Les bavards ne
parlent plus. Les forts gonflent doucement leurs muscles sous les
vestes, les rêveurs regardent droit devant eux. Si l’on écoutait
à ce moment là la petite voix de leur âme, on entendrait qu’elle
dit : voilà ! Comme si elle était enfin arrivée.
Jean Giono, Aux sources mêmes de l'espérance
vendredi 29 juin 2018
Loupiotes estivales
L’été est un
continent d’épices brûlées
dont les heures
crépitent autour des fontaines
son ciel tremble
ébloui par le plus
doué des anges
libre
je confie
mon ombre à son
échine
et de cette cache
- un lieu oublié
des satellites -
j’observe le
soleil faire la roue
loin d’une mer qui
a perdu son nom.
Antoine Samano, Leçons de ténèbres et autres loupiotes
Inscription à :
Articles (Atom)








