lundi 5 février 2018

Police politique, rectorat et endoctrinement zadiste




Sur le site Lundi matin, on lit que le 28 novembre 2017, deux enseignantes du lycée Jean-Macé de Rennes, ainsi que deux accompagnateurs, emmènent une soixantaine d’élèves déjeuner à la cantine de la Maison de la Grève, dans le cadre d’une semaine de sensibilisation sur question de l’économie sociale et solidaire. Ce qu’ils ignoraient certainement, c’est que le lieu fait l’objet d’une surveillance constante des services de renseignement. 

En effet, les différentes tendances de la contestation rennaise s’y rencontrent régulièrement, et le lieu serait même en lien avec la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Evidemment, la visite de cette soixantaine d’adolescents n’échappe pas aux fins limiers du renseignement territorial qui rédigent immédiatement un rapport sur cette sortie scolaire subversive qu’ils font remonter à la préfecture et au rectorat. Dans leur rapport les agents précisent que les enseignantes sont « inconnues des services de police », mais alertent sur le possible « endoctrinement » auquel pourrait aboutir une telle sortie. A leurs yeux, il pourrait s’agir de « former des bataillons de zadistes ».

La suite de cette histoire, fort révélatrice, du temps présent et de la mentalité de ses valets comme de leurs maitres pourra se lire

jeudi 1 février 2018

Le flair des catastrophes (présentes)

 
Selon des études d’opinion spécialisées dans la « joie de vivre », les Français seraient le peuple le plus déprimé de la Terre. Ce vieux peuple qui a tout connu, tout vécu, épuisé par toutes les guerres perdues, sait ce que c’est la tragédie de l’histoire. Il a du flair pour renifler les catastrophes à venir. Il les voit venir de loin, bien avant les autres et les Français, conscients de ce qui arrive, ne sont pas loin de penser que l’expérience humaine, sous la pression du nombre, est en train d’échouer. Alors, ils font un peu la gueule, c’est compréhensible. Ils n’ont pas envie d’aller vivre dans l’espace ni au fond des océans, ils n’ont pas envie de se nourrir d’insectes, ils ne souhaitent pas échanger leurs vieux organes fatigués contre des prothèses, ils ne veulent pas non plus stocker leurs gamètes dans l’azote liquide pour pouvoir un jour féconder une femme qui aura l’âge de leur petite fille, les Français, majoritairement, sont de l’ancien monde...
 
Olivier Bardolle, La vie des hommes
 

mercredi 31 janvier 2018

Lectures au fond de la couche gazeuse



« & à ce sujet j’ai pensé que ceux qui font la louange de la « lecture non linéaire » comme d’une vivacité d’esprit propre aux générations du dôme, dès à leur début usagées aux écrans, de leur aisance à prélever de l’information utile s’il y en a besoin, semblent oublier que cette manière de lecture excluant la compréhension des ouvrages qui veulent de l’attention et de la durée, sans doute exclut toute lecture qui puisse inspirer une expansion de la conscience, qui puisse la nourrir et l’accroître, étendre ses perspicacités dans les choses d’où dépend la conduite de la vie ; ou peut-être y ont-ils pensé et que cela ne leur a pas semblé important ou utile ; que ce serait pour ceux-là un inconvénient plutôt dans leur recherche de satisfaction ou d’un emploi, en la circonstance, que cela ne les mènerait à rien de toute façon dans le contexte. »

Cet extrait d’Au fond de la couche gazeuse de Baudoin de Bodinat afin d’annoncer qu’une lecture de ses textes aura lieu à Paris, le dimanche 8 avril, l’après-midi, dans le kiosque du jardin du Luxembourg (côté Saint-Michel). Des lecteurs se succéderont durant 3 ou 4 heures, probablement en présence de l’auteur.



Un exemple de l'alliance objective entre le Capital et l'Etat




Comme l’explique Jaade LindGaard de Médiapart : depuis le 1er janvier, certaines préfectures sont autorisées à déroger aux normes réglementaires concernant l’environnement, l’agriculture, les forêts, l’aménagement du territoire et la politique de la Ville, la construction de logements et l’urbanisme. 

Il s’agit du décret N° 2017-1845 du 29 décembre 2017 « relatif à l’expérimentation territoriale d’un droit de dérogation reconnu au préfet ». 

Il vise à « évaluer, par la voie d’une expérimentation conduite pendant deux ans, l’intérêt de reconnaître au préfet la faculté de déroger à certaines dispositions réglementaires pour un motif d’intérêt général et à apprécier la pertinence de celles-ci. A cet effet, il autorise, dans certaines matières, le représentant de l’Etat à prendre des décisions dérogeant à la réglementation, afin de tenir compte des circonstances locales et dans le but d’alléger les démarches administratives, de réduire les délais de procédure ou de favoriser l’accès aux aides publiques ». 

La vigilance s'impose donc face à une mesure qui rendra encore plus difficile des victoires semblables à celle de Notre Dame des Landes. A bon entendeur...



vendredi 26 janvier 2018

En Syrie



Concernant la situation des kurdes dans le conflit syrien, on pourra tenter d'y voir un peu plus clair et, notamment, de mieux connaître les tenants et aboutissants de ces très complexes enjeux, en lisant cet article de Felix Poyer qui a été publié en mai 2016 dans un des blogs du Monde.


mercredi 24 janvier 2018

Une utopie au coeur du chaos syrien




On lira avec profit cet article de  Mireille Court et Chris Den Hond parut dans le Monde Diplomatique. Respectivement professeur d’anglais, membre de la coordination Solidarité Kurdistan, et journaliste, ils ont coordonné l'écriture de La Commune du Rojava. L’alternative kurde à l’État-nation

Ils décrivent comment les kurdes du nord de la Syrie tentent de mettre en place au Proche-Orient, et plus particulièrement dans le Rojava, un projet politique inspiré des thèses communalisme libertaire de l’écologiste américain Murray Bookchin (1921-2006).

 

mardi 23 janvier 2018

Salut à Georges Perros


Aujourd'hui, cela fera quarante ans que Georges Perros est mort et nous avons noté que, dans les 1600 pages de l'impressionnant recueil de ses oeuvres complètes, publié récemment en Quarto, il n'y a pas une seule phrase médiocre. Il nous a semblé bon que ces choses sois dites en ces temps de famine littéraire généralisée.

mardi 9 janvier 2018

Au service de Mammon




Dans son article concernant le projet de loi macronien sur les « fake news », Frédéric Lordon analyse cette nouvelle, et délétère, pantalonnade du président des riches. Si le style du papier est parfois âprement contourné, Lordon n'en analyse pas moins avec acuité les moeurs de nos maîtres, et de leurs stipendiés, dans ce pays du mensonge déconcertant.

« Car il devient de plus en plus difficile de se déclarer soldat de la vérité. L’enrôlement plus ou moins crapoteux au service du grand capital numérique n’était déjà pas bien glorieux – on ne s’était d’ailleurs pas trop précipité pour faire la publicité de ces collaborations. On apprend en effet depuis peu que bon nombre de rédactions touchent de Google et Facebook pour mettre à disposition des équipes de journalistes-rectificateurs aidant à purger les tuyaux. Il faut vraiment que l’argent manque pour accepter ainsi de se transformer en égoutiers de l’Internet pour le compte des Compagnies des Eaux qui prospèrent en surface. Bien sûr ça n’est pas de cette manière qu’on présente les choses, cependant même ré-enjolivée en cause commune de la vérité démocratique, l’association normalisatrice avec les grossiums de la donnée produit déjà un effet bizarre.

Il faut sans doute être un Décodeur, ou en l’occurrence un Désintoxicateur (Libération), pour se promener dans cet environnement en toute innocence, et même casser le morceau avec une parfaite candeur : « Nous, par exemple, on travaille pour Facebook, comme un certain nombre de médias en France travaillent pour Facebook et rémunérés par Facebook pour faire le ménage dans les contenus qui circulent », déclare Cédric Mathiot avec une complète absence de malice – on voit très bien Hubert Beuve-Méry ou Sartre envisageant de « faire le ménage dans les contenus » en compagnie d’IBM ou de (la nommée avec préscience) Control Data Corporation. »


(Petit) monde




« Quand des journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix ».

Propos de Xavier Niel, co-propriétaire du Monde, rapporté par Odile Benyahia-Kouider dans Un si petit monde, Fayard, 2011.

 

lundi 8 janvier 2018

Mise Onet


Peu médiatisée - ce qui n'étonnera que celles et ceux qui ignorent encore à qui appartient l'information -, la grève de 45 jours qui a opposé les agents de nettoyage de la société Onet et la direction de celle-ci a fini par la victoire des grévistes.

Mohammed Bensaber, du Bondy blog, a couvert quotidiennement l'histoire de cette lutte. On trouvera ses papiers, remarquablement humains et documentés, ici.