L'été est propice à la remémoration des bonnes choses avec, notamment, ce documentaire sur la révolution sociale en Espagne de 1936 à 1939.
lundi 10 juillet 2017
mardi 4 juillet 2017
La grande liquidation
Glanée sur le site Le vent se lève cette analyse éclairante - et qui sait nous rappeler certaines "banalités de base - de notre avenir possible et macronien ainsi que du rôle de l'Europe dans notre malheur présent.
Frédéric
Farah, économiste, et auteur d’Europe,
la grande liquidation démocratique, est ici interrogé par l'équipe du Vent se lève.
"Imposer
à la cinquième puissance du monde [la France] une mise sous tutelle comme la
Grèce, c’est irrecevable. La Grèce est la première colonie de la
dette ; la société a été brutalisée comme jamais depuis la fin
de la guerre civile en Grèce. En France, je pense que cette thérapie
de choc peut être apportée non pas de l’extérieur, mais de
l’intérieur. Comme le disait Galbraith, Macron représente en
France la “Troïka de l’intérieur”. On se retrouverait avec
une troika de l’intérieur : c’est Macron et son
gouvernement technique. On ne peut pas apporter en France, comme en
Grèce, des experts du FMI en cravate dans les hôtels parisiens pour
importer leur politique. En revanche, on peut l’imposer de
l’intérieur.
Je
relisais le contenu du mémorandum de 2010 sur les modification du
droit grec du travail ; ce qui est souhaitable dans ce mémorandum,
c’est que les accords d’entreprise priment sur les accords de
branche, que les procédures de licenciement soient allégées; on
retrouve les mêmes attendus dans le programme de Macron.
Macron,
c’est la “Troïka de l’intérieur” ; son but est de réduire
l’Etat social, c’est de mettre en place ce que Noëlle Burgi
nomme “l’Etat social minimal”, avec la transition de notre
régime social de l’assurentiel vers l’existentiel. Cette
purge-là, c’est le gouvernement technique de M. Macron qui va
essayer de la mettre en oeuvre, par des mesures dures à l’égard
de la population, du droit du travail, par de l’austérité. Il va
le faire prudemment, car il est conscient du rapport de force. Mais
la volonté de M. Macron d’obtenir l’assentiment de l’Allemagne
peut nous amener, non pas à une “stratégie du choc” à la
grecque, mais à un remaniement profond de la protection sociale et
du droit du travail; à moins qu’entre-temps n’arrive
l’inattendu, une secousse qui emporterait la zone reuro et qui
viendrait d'Italie."
lundi 3 juillet 2017
Quelque chose d'écrit
Lu et relu avec autant de bonheur que
de profit : Quelque chose d'écrit d'Emanuele Trevi est d'abord le
récit du travail qu'effectua l'auteur à Rome, au fond Pasolini, sous
la folle férule de Laura Betti, amie et comédienne de Pier Paolo
Pasolini. Laura Betti à qui nous devons la conservation de la mémoire et du
travail du cinéaste et poète italien.
Description acérée, mais non
dénuée de tendresse et d'humour, de l'excessive Betti, Quelque chose
d'écrit dessine aussi - et comment pourrait-il en être autrement ?
-, le portrait de PPP et de son dernier texte Pétrole.
Trevi livre
ici une manière d'état des lieux de la geste de PPP et constitue,
par là-même, une des introductions les plus brillantes que nous
connaissons à Pétrole, dont la rédaction fut interrompue par
l'assassinat de PPP dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975 sur une
plage d'Ostie.
lundi 19 juin 2017
La confrérie des chemins noirs
Un mien ami m'a envoyé cette citation tirée de l'ouvrage d'un auteur que je n'apprécie pas particulièrement : Sylvain Tesson. Son livre Dans les Forêt de Sibérie, seul ouvrage lu alors, m'avait semblé surévalué par la critique et les lecteurs et bien en-dessous, dans le même genre, des Lettres de Gourgounel de Kenneth White. Pourtant, je dois avouer que dans ces quelques lignes tirées de Sur les chemins noirs, Tesson ne manque pas son coup ou, comme le remarque mon camarade, ne serait pas désavoué par un taoïste.
« Un rêve m'obsédait. J'imaginais la naissance d'un mouvement baptisé confrérie des chemins noirs.
Non contents de tracer un réseau de traverse, les chemins noirs
pouvaient aussi définir les cheminements mentaux que nous emprunterions
pour nous soustraire à l'époque. Dessinés sur la carte et serpentant au
sol ils se prolongeraient ainsi en nous-mêmes, composeraient une
cartographie mentale de l'esquive. Il ne s'agirait pas de mépriser le
monde, ni de manifester l'outrecuidance de le changer. Non ! Il
suffirait de ne rien avoir de commun avec lui. L'évitement me paraissait
le mariage de la force avec l'élégance. Orchestrer le repli me semblait
une urgence. Les règles de cette dissimulation existentielle se
réduisaient à de menus impératifs : ne pas tressaillir aux soubresauts
de l'actualité, réserver ses colères, choisir ses levées d'armes, ses
goûts, ses écoeurements, demeurer entre les murs de livres, les haies
forestières, les tables d'amis, se souvenir de morts chéris, s'entourer
des siens, prêter secours aux êtres dont on avait connu le visage et pas
uniquement étudié l'existence statistique. En somme, se détourner.
Mieux encore ! Disparaître. « Dissimule ta vie », disait Epicure dans
l'une de ses maximes... »
jeudi 15 juin 2017
Un tribut à Moloch
Au travail (je dois payer
mon loyer et me nourrir, pauvres prétextes, pas si pauvres que ça,
pour qui n'ose affronter la déqualification sociale), j'ai dû
m'entretenir avec une femme dévorée par des mots qui ne lui
appartenaient pas. Regard las, maigre, la langue mâchée par
d'autres, elle a récité sa fable pendant
que, de l'autre côté de la table, je ne savais comment prendre mes
notes.
Dans son histoire, « le passé bâtissait l'avenir en
s'appuyant sur les forces du présent ». Son index tâché de
nicotine - je l'avais surprise, dans la cour, en train de terminer
une cigarette – allait et venait sur l'accoudoir en skaï de son
fauteuil à la façon d'un enfant égaré. Chacun de ses verbe était
un autocollant, une banderole déjà usée avant d'avoir été
déployée. Sa grammaire et ses arguments, morts d'avoir trop gonflé
leurs muscles, avaient bâti un mur entre elle et moi, et l'idée
qu'elle se faisait d'elle-même.
Dans ce bureau où s'empilaient des
dossiers - la dématérialisation, pourtant mainte fois
prônée, avait démultiplié le papier -, l'âme importait peu pour qui la laisse se transformer en rouage. Nous avons
bourdonné comme des mouches pendant quelques minutes, puis, chacun ayant payé son tribut à Moloch, nous
nous sommes levés et salués, aussi pressés l'un que l'autre de
quitter le lieu de notre défaite.
lundi 12 juin 2017
Rabelais, notre père
"En ces temps sinistres de politicaillerie nauséabonde, faites aux
salopards confits en sacristie qui croient puiser impunément dans les
caisses de l’État pour leur usage personnel le coup du père François :
lisez jusqu’à plus soif Rabelais, qui a pour nous soulevé bien des
lièvres, notamment dans son récit de la Guerre Picrocholine aux
chapitres XXV à LI de Gargantua, et par avance mis en lumière bien des offenses sans les pardonner aucunement. C’était il y a longtemps. C’est aujourd’hui. Vade retro, Satanas !", conclut bonnement Maurice Mourrier dans son article Rabelais, notre père que l'on pourra lire, in extenso, dans l'excellent site En attendant Nadeau.
jeudi 8 juin 2017
Psychopathologie de la non-vie quotidienne
Dans La Fausse conscience (1962),
Joseph Gabel, le premier, analyse d'un point de vue clinique et
politique le processus de schizophrénisation de la vie quotidienne.
A partir de son observation d'enfants spatialisant les évènements
de leur vie sans jamais les inscrire dans une temporalité, il en
vient à définir le mode de vie spectaculaire comme extérieur au
temps chronologique et à l'histoire, comme une reproduction à
l'identique du même instant non vécu.
Dans Manuel de survie (1974),
le théoricien et poète italien Giorgio Cesarano remarque que le
caractère profondément nihiliste du capitalisme contemporain le
pousse à organiser un vaste ensemble de communautés thérapeutiques
où toutes les quêtes identitaires, religieuses et culturelles sont
instrumentalisées et participent à la guerre de tous contre tous.
Dans La Vie innommable (1993), Michel Bounan rend évident le lien
qui unit la souffrance psychique contemporaine et l'appauvrissement
du langage : l'incapacité à comprendre son monde induit une
incapacité à nommer son mal.
Ces trois constats définissent les termes d'une
psychopathologie de la non-vie quotidienne, entretenue et préméditée
par le pouvoir spectaculaire. Par une vraie stratégie de
déréalisation, ce pouvoir généralise les tendances paranoïaques
et schizophréniques des population sous son contrôle et génère
de nouvelles pathologies qui sont le résultat direct de la
confusion, entretenue et préméditée, entre le réel et
l'imaginaire, la vérité et le mensonge. Qu'elle soit cachée et
honteuse, visible et revendiquée, la maladie mentale se développe
partout comme la forme nouvelle du lien social. Elle est le signe
maladif d'une crise de la représentation et préfigure une violente
crise de civilisation.
Jordi Vidal, Traité du combat moderne,
Films et fictions de Stanley Kubrick
mercredi 7 juin 2017
La guerre contre le peuple
Jeff Halper nous cause de la guerre contre le peuple dans l'un des blogs de Médiapart en nous disant, entre autre chose, que : " La pacification, « rendre sûre l’insécurité », qui fait partie
intégrante de l’accumulation par dépossession, est le but ultime du
capitalisme. L’objectif est de rendre les peuples du monde incapables de
résister à la puissance du marché et au règne des classes dominantes."
mercredi 31 mai 2017
Hypocrisie (rien de nouveau sous le soleil)
Comme l'écrivent, à leur façon, Anne Brunner et Louis Maurin de l’Observatoire des inégalités dans leur Rapport sur les inégalités en France, édition 2017 : "L’hypocrisie doit cesser. Les inégalités de revenus progressent parce
que les plus favorisés en veulent toujours plus. Soit on assume le
phénomène, soit on se donne les moyens d’une plus grande solidarité."
Et l'article commentant ce rapport de poursuivre : "Le tableau des inégalités brossé par la seconde édition du Rapport sur les inégalités en France ne pousse pas à l’optimisme. Les classes favorisées, gourmandes, en veulent « toujours plus ».
Rien de nouveau, mais le refus de voir les inégalités sociales dont
sont victimes les classes populaires, l’exploitation des travailleurs
flexibles, la précarité et le chômage des non-diplômés,
conduit à une exaspération qui s’exprime dans les urnes."
mardi 30 mai 2017
Solve & Coagula
Ces images, assez réjouissantes et même intrigantes (ce qui est mieux), glanées sur le site qui, avec sagesse, sait dissoudre et coaguler.
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