C'est assez dire que je ne me sens en
rien concerné par le sempiternel débat sur la fonction de la
critique. Si l'on tient absolument à m'extorquer un avis sur ce
point, je répondrai qu'il est oiseux d'opérer des ségrégations
entre les divers secteurs de l'activité littéraire. De mon humble
point de vue, éditeurs, auteurs – moi compris, si du moins l'on
m'autorise à revendiquer cette autre supercherie – critiques et
lecteurs, bref tout l'appareil à produire, vendre et consommer des
livres est à fourrer sans appel dans le même sac, puis à bastonner
indistinctement, copieusement et sans relâche. On voit donc, et l'on
s'en apercevra encore dans l'avenir, que je suis loin d'être raciste
à cet égard.
Si j'ai arbitrairement commencé par
les critiques, c'est d'une part qu'il faut un début à tout, d'autre
part par goût des lieux communs et large propension à enfoncer les
portes ouvertes. En tout cas, voilà un domaine où je n'éprouve
aucun scrupule à tomber à bras raccourci sur les infirmes, dès
lors que je les sens à ma main. J'exprimerai toutefois un regret :
celui de n'avoir pas frappé certains de ces hémiplégiques
au-dessous de la ceinture, comme c'eût été mon droit, et
probablement mon devoir. Un reste d'éducation, je suppose. Mais ce
n'est que partie remise.
Raymond Cousse, A bas la critique !
On trouvera chez Cairn une belle présentation de la vie et de l'oeuvre de Raymond Cousse par Paul Renard intitulée : Raymond Cousse, romancier victime de l’oubli et artisan de la revie littéraire

2 commentaires:
merci pour ce lien concernant Raymond Cousse, que j'ai croisé il y a longtemps. Un gros emmerdeur, une bonne tête de lard, mais un talent certain d'auteur interprète. Sa stratégie pour deux jambons reste dans ma mémoire comme un fort moment de théâtre
Vous devriez, cher Kwarkito, nous en dire plus sur cette rencontre. Il est toujours plaisant, si j'ose dire, de mettre un peu de chair entre les pages d'un livre que l'on apprécie.
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